Hommage à Jean-Louis ROUDIL

Jean-Louis ROUDIL nous a quittés le 25 septembre dernier. Nous ne l’avons pas directement connu à Cévennes Terre de Lumière mais il nous semble normal de lui rendre hommage car il était une grande figure de la préhistoire ardéchoise.

Né à Jaujac en 1932, il avait d’abord exercé le métier d’instituteur. Amateur passionné de préhistoire, il fut initié par le professeur Max Escalon de Fonton et, avec ses collègues Jean Guilaine et Jean Courtin, il contribua à la constitution de l’une des premières équipes de recherche sur la préhistoire du Midi de la France. Installé à Montpellier, il s’attacha à faire progresser les connaissances sur le néolithique et l’âge du bronze en Languedoc oriental, de l’Ardèche à l’Hérault. Il occupa plusieurs fonctions dont la principale fut, de 1972 à 1983, celle de directeur des Antiquités préhistoriques de Langedoc-Roussillon. A la suite d’Henry de Lumley, il fut ensuite chargé de cours de préhistoire à l’Université Paul-Valéry de Montpellier. Il contribua, en 1988, à la création du Musée de la préhistoire d’Ornac (devenu depuis 2014, Cité de la préhistoire) puis devint, en 1990 président de la Fédération Ardéchoise de la Recherche Préhistorique (FARPA) et directeur de sa revue, Ardèche archéologie.

Jean-Louis Roudil fut avant tout un homme de terrain. Parmi les nombreux chantiers qu’il a conduits en Ardèche, on peut citer la Grotte de Peyroche 2 (Auriolles) et la Grotte de la Combe-Obscure (St. Marcel d’Ardèche) ; dans le Gard, il a fouillé la Baume Bourbon à Cabrières, la Grotte de l’Aigle, à Méjeannes-le-Clap. Ces recherches ont permis de documenter le premier néolithique de l’Ouest méditerranéen, dénommé « civilisation cardiale » (- 6000/-5000) en raison du décor réalisé sur les poteries grâce à l’utilisation d’un coquillage, le Cardium. Il faut aussi mentionner ses fouilles du Bois Sacré à Saint-Côme et Maruéjols qui lui permirent de publier l’une des plus importantes séries de céramiques appartenant à la culture campaniforme, en raison de la forme « en cloche » des poteries (-3000). On doit aussi citer ses fouilles dans la Grotte du Hasard à Tharaux, dans le Gard, qui permirent une avancée importante dans la réorganisation de l’âge du Bronze (- 3000 à – 1000).

Dans l’Hérault, il mena l’exploration de la partie profonde de la Grotte du Claux à Gorniès ainsi que des sondages sur le site de Peiro Signado à Portiragnes, l’un des très rares habitats attribués aux premiers navigateurs néolithiques d’origine italique qui arrivèrent en Languedoc aux alentours du Vie millénaire avant J.-C.

Parmi ses nombreuses publications (dont nous détenons quelques-unes dans notre Centre de Documentation), son œuvre principale restera sa thèse consacrée à l’âge du Bronze en Languedoc oriental (1972) qui demeure, encore aujourd’hui, l’ouvrage de référence sur ce thème.

[Cette notice est en grande partie empruntée à un article non-signé du Midi Libre du 23/10/2016 qu’a porté à notre connaissance Mme Alix AUDURIER-CROS, que nous remercions pour cette information]